Me Amadou KANE
Selon les constitutionnalistes, le Sénégal a un système politique de type présidentialiste. Autrement dit un système qui se caractérise par l’hypertrophie des pouvoirs du Président de la République , lequel est la clé de voûte des institutions. Il en a été ainsi sous les Présidents Senghor après Décembre 1962 , Abdou Diouf , Abdoulaye Wade et Macky Sall. Avec l’avènement du Duo Diomaye-Senghor , le système politique a , dans sa pratique, connu une évolution pour ne pas dire une révolution.
Le Président reste toujours la clé de voûte des institutions. Cependant son Premier Ministre possède une présence imposante au sein de l’appareil d’Etat . Sans doute parce qu’il est le Chef du Parti au pouvoir. Il urge, comme point d’amélioration de la gouvernance politique, d’huiler les rapports complexes entre les deux têtes de l’exécutif. Évitons de renvoyer l’image d’un dualisme au sommet où la perception d’une souveraineté diffuse.
Pour parler prosaïquement l’image d’un véhicule avec deux chauffeurs au volant. La lisibilité de l’organisation de l’Etat et l’efficacité de son action en dépendent . En observant le sommet de l’Etat on doit avoir la perception d’un fauteuil sur lequel est assis l’autorité suprême et non celle d’un canapé occupé par diverses autorités pour parodier un responsable étranger. De façon générale, l’Etat doit renvoyer des signaux encourageant à travers ses représentants et son discours.
Tout le monde ou chacun ne saurait prendre position sur tout et n’importe quel sujet voire même contredire le Président ou le Premier Ministre. Sur le plan de la gestion gouvernementale il y a nécessité d’évaluer le travail gouvernemental et de réaménager ou remanier l’équipe en fonction de l’appréciation des décideurs centraux à savoir le Président sur la proposition du PM.
Par delà les hommes, il urge aussi de revoir la méthode de management de l’exécutif. Le Président doit comme par le passé tenir une séance hebdomadaire de travail avec son PM d’un côté et de l’autre avoir une audience avec chaque ministre selon une périodicité fixée par lui. Quant à ceux qui sont appelés aux responsabilités , ils doivent avoir à l’esprit que leur mission n’est pas de se valoriser en parcourant les plateaux pour exposer leurs idées personnelles .
Leur mission est d’exécuter la politique définie par leurs supérieurs dans les secteurs relevant de leur compétence et de produire des résultats. Définitivement, le pouvoir central, doit comprendre que son travail n’est pas de traquer les voleurs en permanence. Il y a une justice et une police judiciaire qui sont chargés de cela. Par conséquent, il doit arrêter de faire comme ce paysan qui passe son temps à chasser les oiseaux au point d’oublier de cultiver son champs.
Le job de l’exécutif central doit être d’assurer aux citoyens la sécurité et de leur offrir des opportunités de développement dans tous les aspects de la vie sociale. Ce post est dédié à la jeunesse du Sénégal qui en veut et qui ne demande qu’à être organisée et appuyée pour valoriser l’énergie qui sommeille en chacun de sa composante. Je le dit parce que mon travail m’a conduit souvent à rompre mon jeûne sur mon chemin du retour à la maison , grâce à la solidarité agissante de ces milliers de jeunes qui distribuent avec leurs modestes moyens des kits de Ramadan aux passants.
HONNEUR AUX JEUNES DU SÉNÉGAL.