«L’amnistie n’a jamais été une revendication populaire. Elle n’était ni un acte sincère ni une démarche responsable au service de la réconciliation nationale. Elle visait plutôt à garantir l’impunité à des individus ou entités, ajoutant ainsi aux crimes commis un crime impardonnable pour une société : l’amnésie forcée. C’est pourquoi nous avons déposé un projet d’abrogation totale de cette loi. Car la justice ne se balaie pas sous le tapis. Parce que la mémoire des victimes et des blessés ne se marchande pas. Les faits sont encore vivaces dans nos mémoires et le resteront pour toujours. Et la demande de tout un peuple pour la vérité et la justice s’intensifie, comme en atteste la réaction massive à la proposition de loi d’abrogation.
La panique au sein de PASTEF. L’initiative de la loi appartient concurremment au gouvernement et au Parlement. Toute partie concernée a disposé de suffisamment de temps pour déposer un projet. Or, après mon initiative – conforme aux engagements de la coalition Senegaal Kese –, l’opinion observe, sidérée, la réaction de PASTEF. D’abord, des hauts responsables du parti au pouvoir, députés de surcroît, ont tenté de nier le droit à tout autre député de déposer une proposition de loi visant à abroger l’amnistie.
Face au soutien massif de l’opinion et à l’incrédulité suscitée par cette posture politicienne, PASTEF a changé de tactique : ils prétendent désormais que deux propositions de loi auraient déjà été déposées. C’est évidemment faux. Même les oiseaux aux alentours de l’Assemblée nationale auraient entendu le fracas des commentaires et autoglorifications de PASTEF si cela était vrai.
Des indemnisations opaques
Pendant ce temps, des indemnisations sont versées en toute discrétion. Qui décide de ces compensations ? Sur quelles bases ? Dans un pays sérieux, seule la justice serait compétente pour statuer. Mais ici, ce sont des officines administratives sous la coupe de PASTEF qui décident qui doit être indemnisé et à quel niveau. L’opacité aurait été totale si certains militants frustrés n’avaient pas éventé l’affaire.
Quelle République !
Un régime pris à son propre piège
Ce qui est cynique dans cette affaire, c’est que ce régime a bâti son ascension en dénonçant les pratiques qu’il applique aujourd’hui avec la même brutalité.
- Il dénonçait l’opacité ? Il gouverne dans l’ombre.
- Il prônait la justice ? Il protège aujourd’hui l’impunité.
- Il promettait la rupture ? Il recycle les méthodes du passé.
Nous avons face à nous un gouvernement qui mène le Sénégal vers un avenir incertain et qui, pire encore, refuse d’écouter ceux qui lui rappellent ses propres promesses. Il est temps, pour nous tous, d’ouvrir les yeux. Mon devoir, en tant que représentant du peuple et républicain, n’est pas de vendre des illusions, mais de dire la vérité. L’amnistie doit être totalement abrogée. Les responsabilités doivent être établies. La justice doit être rendue. Parce que c’est une exigence morale. Parce que c’est ce que le Sénégal attend et mérite. J’y veillerai ! »